II bis Arnou Séjournet

1.4 | Arnou (Ernoul) Séjournet. « Comme son père et ses frères », écrit Léo Verriest, « il eut à remplir des fonctions scabinales; on le voit échevin d’Ath (acte du 4 décembre 1441), de la seigneurie de Saint-Martin de Brantignies (actes des 12 août 1441 et 23 mai 1442) de celle de sire (prêtre) Nicaise d’Arbre à Ath (actes des 14 avril et 25 octobre 1442), et de celle de l’abbaye de Liessies au Vieux Ath (acte du 24 septembre 1442). Mais, c’est surtout en tant que fieffé, qu’il est intéressant. En 1439 et 1443 (chirographes des 15 octobre 1439, 21 mars et 14 juin 1443) il comparaît à divers actes en qualité d’homme de fiefs de Hainaut. Quels sont ses fiefs ?

Nous le savons, par des documents tardifs, mais fort intéressants; ceux qui provenant du Cartulaire des fiefs du Hainaut de 1473, nous montrent sa veuve Catherine l’Asne demeurant à Ath, alors en possession des tenances que voici, dont peut être d’ailleurs, l’une ou l’autre avait été apportée par elle dans sa corbeille de mariage.

– le fief dit du Rossignol (Lossignol) à Ogy, consistant en un petit bois (une haye et bosquet) de cent vingt verges environ, avec haute justice, duquel fief étaient tenus huit petits arrière fiefs;

– un fief consistant en un revenu annuel de soixante sous, provenant de rentes en argent, avoine et poulets, grevant diverses censives à Bauffe;

– un fief, consistant en un bien et maison d’environ un demi bonnier de superficie, à Ath même, contigu au fossé de l’enceinte; sans doute était-ce l’habitation même de feu Arnoul et de sa veuve;

– un fief consistant en une rente de quatre francs, assignée sur le fief de onze bonniers que possédait à Fouleng, le sieur Gervais.

1448 Arnou.jpg

Ernoul Séjournet, homme de fief du Comté, avait son sceau. Selon les comptes de l’hôpital de la Madeleine à Ath, le 24 juillet 1448, ‘Ernoul Sejournelz’ scellait d’un écu aux trois fers de moulin, accompagné au point du chef, d’une étoile, comme brisure de cadet.

Il épousa damoiselle Catherine Lasne (l’Asne, Lanne), qui lui survécut. D’après un cartulaire des fiefs du Hainaut de 1410, f° 196, n° 1014, Catherine Lasne était la fille de Colart (Nicolas) Lasne, demeurant à Chièvre; elle avait pour frère Martin Lasne, ceci selon une lettre du comte du Chastel [SEJ]. Selon les archives de l’hôpital de Liessies, anno 1415, Jehenne Lasne, religieuse à l’hôpital Notre-Dame à la Rose, †1451/, fille de Jehan demeurant à Chièvre, et de Maigne de l’Estrée, était soeur de Collart et de Jehan li asniez, et tante de Martin et de Catherine enfants dudit Collart, cette dernière épouse d’Arnoul Séjournet d’Ath [RUZ]. Jehan Lasnes, huissier au Parlement de Paris 1389, portait de … à trois ânes passant de … Cimier : une tête d’âne (Archives de Tournai, actes scellés).

Veuve en 1473, Catherine Lasne l’était au moins depuis octobre 1466, ainsi qu’il est attesté par un chirographe, la disant telle, en qualité de propriétaire d’une terre à Ath, au grand chemin d’Enghien. Une autre parcelle, sise au chemin de la Trahison, près la porte d’Enghien, lui appartenait également. »

D’après le chevalier Ruzette, Catherine était déjà veuve en 1455. En effet, dans un chirographe du 4 janvier de cette année elle est citée, comme veuve d’Arnoul Séjournet, et il est question dans cet acte, comme du reste dans un autre de 1458, de son héritage derrière le fossé du château. Elle est également mentionnée comme veuve dans les comptes du domaine d’Ath, en 1455, où elle paye une rente annuelle au comte de Hainaut [AGR].

Ils eurent de leur union, les trois fils qui suivent :

1.4.1 – Arnoulet, puis Arnou Séjournet, qui suit III. 

1.4.2 – Martin Séjournet, célibataire, †1493/1494, inh. à Ath en l’église Saint-Martin, où, selon les comptes de cette église, on relève son nom pour « ordonnance, pal et sépulture » [RUZ].

1.4.3 – Gérardin, Grat ou Gérard Séjournet. En 1472, sous le prénom de Gérardin (ce qui indique qu’il était alors célibataire), fils d’Arnould Séjournet, il fut l’un des trois hommes d’armes, levés dans la châtellenie d’Ath, et placés sous la bannière du bailli de Hainaut, pour participer au siège de Beauvais et à l’expédition de Normandie [Archives départementales du Nord, Lille, Série B, n° 11961].

La guerre terminée, nous le retrouvons d’abord mentionné dans un chirographe athois du 21 janvier 1489, comme échevin d’Ath, puis, selon plusieurs actes, bourgeois d’Ath, y demeurant, ainsi que Massard d’Ath en 1488-1489 et 1490-1491. Il fut de plus, homme de fief de Hainaut, et nous savons par le cartulaire de 1473, qu’il possédait de nombreux fiefs. Parmi ceux-ci, il tient de sa mère, le fief de Lossignol à Ogy, et dont il est seigneur; un autre fief de cinq bonniers environ de terre ahanable, gisant au terroir de Blicquy; il tient aussi en arrière fief de la Hamaide, un fief de quatre bonniers et demi de terre ou environ, gisant à Flobecq, etc.

Il ne vivait plus en 1506, date où le 13 juillet son épouse est dite veuve. Cette épouse fut Catherine le Merchier dite le Bosquillon, fille de Jehan le Merchier dit le Bosquillon et de Catherine de le Hove, d’une famille notable d’Ath.

D’après le chevalier Parthon [PAR1945], Catherine fit son testament le dixième jour de … 1531. Ce testament en partie détruit permet toutefois de relever que la testatrice demande d’être inhumée en l’église Saint-François (Couvent des Frères Mineurs à Ath) à laquelle elle lègue soixante sols. Elle fait don, en outre de vingt sols à l’église Saint-Julien d’Ath, de soixante sols à l’église N.-D., de vingt sols à l’hôpital de la Madeleine et de soixante sols aux Soeurs de Chièvres. Elle se déclare grand-mère de sire Johan Cousart, auquel elle alloue une pension viagère de douze livres l’an; elle reconnaît devoir une pension viagère de cent sols à Messire Jehan le Noir, prêtre; elle exprime que ses exécuteurs testamentaires seront, sire Jehan Cousant, prêtre, Jehan Viset et Jacques le Louchier, ses bons amis.

Ils eurent les cinq enfants qui suivent

1.4.3.1 | Catherine Séjournet, x Guillaume Hanot, dont elle eut des enfants. Voici ce qu’en dit le fonds Ruzette [RUZ] : Dlle Catherine Séjournet, à qui Grart et sa femme, par avis de père et mère, avaient assigné des rentes, sur une maison et des terres à Isières, tenant au marais, et sur plusieurs autres biens dans cette paroisse appartenant à Valentin du Pont. L’acte avait été passé devant les maires conjoints des seigneurs du roi de Castille, du chapitre de Cambrai et de l’abbaye de Saint-Ghislain, et devant les échevins du lieu. Cette assignation fut confirmée par un chirographe athois du 13 juillet 1506, devant les échevins d’Ath. Catherine était alors l’épouse de Guillaume Hanot, laboureur à Hautrage; et elle est encore mentionnée en 1532. D’après le chevalier Parthon, Catherine partagea avec sa soeur Marie les biens de leur frère Robert [PAR1945].

1.4.3.2 | Jehenne Séjournet, x Jacques Cousart, dont elle était veuve en 1511 [Archives d’Ath, chirographe du 30 janvier 1511], et dont elle eut un fils, sire Jehan Cousant, prêtre, vivant en 1531, ainsi que le déclare le testament de sa grand-mère.

1.4.3.3 | Marie Séjournet, x A) Guillaume le Waitte, qui était son époux en 1512, et fils de Jehan le Waitte, seigneur de Recques, échevin d’Ath en 1468 et de 1470 à 1475, et de sa première femme Catherine le Clercq, d’une ancienne famille d’Ath; B) Jacques le Louchier, lequel était veuf en première noce d’Hélène Demazure. D’après le chevalier Parthon, Jacques le Louchier paraît avoir eut des enfants de son premier lit. De Marie Séjournet, il eut au moins un fils, prénommé Pierchon, qu’il croit être le même que Pierre le Louchier, cité par l’Annuaire de la Noblesse de Belgique de 1870, page 218, †1587, étant l’oncle de Marie le Noir, femme à Pierre Lefebvre.

Marie vivait encore en 1552, mais dit le chevalier Parthon, elle et son mari étaient sur le point de terminer leurs jours, car un acte de 1555, nous révèle que Julien le Louchier, tanneur, et Guillaume le Noir marchand de draps, furent exécuteurs testamentaires de Marie Séjournet, veuve de Jacques le Louchier, avec Pierchon le Louchier comme mambour.

1.4.3.4 | Jacques Séjournet. Dans un chirographe athois daté du 11 décembre 1532, il est dénommé Maître Jacques Séjournet, célibataire, âgé de 48 ans, demeurant à Ath, fils feu Grart, par lequel il vend à Jacques le Louchier, son beau-frère, demeurant à Ath, époux de Demoiselle Marie Séjournet, le cinquième d’une maison et jardinet, assez près de la place qu’on dit à la Croix Gaillard, lui venant de donation à lui faite par Demoiselle Catherine le Merchier dite le Bosquillon qui fut épouse à Grart Séjournet ses père et mère.

Dans un second chirographe du 6 octobre 1534, il est dit célibataire, âgé de 50 ans, orphelin, demeurant à Ath, acte par lequel il vend à Jacques le Louchier, la portion qu’il possède dans la maison ci-dessus, lui venant du décès de son frère germain Robert Séjournet, récemment trépassé [RUZ].

Il avait été avantagé, entre autres par sa mère, selon le chevalier Parthon, d’une somme de deux cents livres tournois, sur laquelle il devra payer cinquante sols, à Messire Jehan le Noir, sa vie durant. Lui et son frère Robert étaient ‘absents du Pays de Hainaut’ en 1511 [Chirographe athois du 30 janvier 1511, Archives d’Ath].

1.4.3.5 | Robinet ou Robert Séjournet. Il reçut également de sa mère, deux cents livres tournois; et comme nous venons de le voir, il décéda en 1511, laissant ses biens à ses soeurs Catherine et Marie.