III Arnou Séjournet

III | 1.4.1 | Arnoulet, puis Arnou Séjournet. C’est sans doute lui qui figure en 1449, dans le registre matricule de l’Université de Louvain [VER1943] et [RUZ : « 1450, 13, 30, Arnoldus Sejournet vel Seigournit, cameracensis dioc. (diocèse de Cambrai) … Matricule de l’Université de Louvain 1426-1453 »].

A son sujet, les cartulaires du Hainaut sont bien intéressants, dit Verriest. On le voit posséder en 1473-1474, comme tenus de la terre d’Ellignies alors au Sire de Ligne :

a) un fief, de deux bonniers de terre à Ellignies, aux « champs de le loge » (revenu soixante sous); 
b) un fief consistant en six bonniers de terre (revenu douze francs); 
c) un fief dit ‘le Haut Castillon’, toujours à Ellignies, soit douze bonniers (environ quinze hectares) (revenu : six livres); 
d) un revenu de dix rasières de blé et dix francs, grevant le fief précédent; 
e) un fief de deux bonniers (revenu : soixante sous).

Et, en 1502, on le retrouve avec les fiefs ainsi désignés

a) un fief de deux bonniers à Ellignies; 
b) le fief dit ‘fief Gilhon’ ‘de six bonniers’, au même lieu; 
c) le ‘Haut Castillon’, soit une maison avec un bonnier, plus quarante quatre journels; 
d) des rentes en blé; 
e) un fief de deux bonniers.

Bref, les mêmes fiefs qu’en 1474, mais décrits un peu autrement. De plus, on lui voit, en 1502, comme tenus de la terre de Chièvres :

a) un fief de onze journels en ce lieu; 
b) un autre de six journels; 
c) des rentes foncières et terrages prélevés à Chièvres.

Selon le chevalier Parthon il fut échevin d’Ath, en 1452.

Arnou épousa, d’après le Livre de raison, Catherine de Ghislenghien [FOR1976, p50 et 51]. Il dit textuellement ceci : « Arnoulet, fils aisné du susdit Arnou, print à femme en l’an … Damoiselle Catherine de Ghislenghien et heurent les enfans suyvans ». Il ne cite pas les prénoms et noms de ses père et mère.

Le chevalier Parthon, dit qu’Arnoul Séjournet, dit le jeune pour le distinguer de son père, épousa Catherine de Ghislenghien, fille de noble homme Jean de Ghislenghien dit de Neuville, mort en 1505 et de Jeanne de le Hove, fille de Michel prévôt de Lens, lieutenant gouverneur d’Ath, seigneur de Wadelincourt et d’Agnès de la Deuze dite le Barteur, et petite-fille de Julien qui avait épousé le 3 juillet 1444, Jeanne Gillicq, lesquels furent inhumés à Saint-Julien d’Ath avec les quartiers suivants : Ghislenghien-Gongnies, Gillicq-Rosières.

Catherine de Ghislenghien avait pour frères, Jean de Ghislenghien, dit de Neufville, époux de Jeanne le Quittre, Jacques de Ghislenghien, et pour soeurs, Marie, femme de Vincent Bousseau, Isabelle, épouse de Jacques le Waitte, seigneur d’Ostelet, de la Tournelle et d’Hirval, lieutenant gouverneur d’Ath.

Arnou et Catherine eurent deux fils, tous deux mentionnés dans le Livre de raison et dans de nombreux chirographes athois.

IV | 1.4.1.1 | Jehan Séjournet, qui suit IV.

IV | 1.4.1.2 | Arnou Séjournet. Il demeurait à Ath, y fut prêtre sous le nom de Sire Arnou, et le Livre de raison dit qu’il fit le voyage de « Jherusalem ». Il figure dans plusieurs chirographes athois [RUZ] :

a) Le 9 novembre 1544, sire Arnoul Séjournet prêtre est cité comme voisin de biens à la Trahison. 
b) Le 16 avril 1545, le même est voisin de biens à David, tenant au chemin d’Ath à Lessives. 
c) Le 9 avril avant Pâques 1548 « Venérable et discret sire Arnoul Séjournet, prêtre, pèlerin du Saint Voyage de Jerusalem », rappelle toutes dispositions antérieures, relatives à une rente héritière de XII livres; une seconde de VIII livres V sous, et une troisième de VI livres. Il stipule, qu’après lui ces rentes doivent aller à l’église Saint-Martin de Brantignies pour la célébration de deux messes par semaine à l’autel de Saint-Antoine, pour le rachat des âmes de lui et de ses parents et amis trépassés, par un prêtre de bonne et honnête réputation. 
d) Le même jour par un autre acte, il fait don à l’hôpital de la Madeleine, d’une « couche », au profit des malades reçus gratuitement et il assure cette donation par

 1. une maison, grange, porte étables, jardin, prés, pâture, appelée la maison et censé de la Croix David, au dehors des faubourgs de Brantignies, contenant cinq journels, tenant par le bas à la rivière. 
 2. cinq journels de terre sur la couture allant d’Ath à Bouvignies tenant au chemin d’Ath à Bouvignies. 
  3. trois journels de pré tenant aux terres de l’abbaye d’Ath, et à la rivière. Et il ajoute que ces biens lui viennent du trépas de Jacques de Ghillenghien, son oncle, à la suite de partage fait avec feu Jehan de Ghillenghien et Jacques le Waitte en action de sa femme, aussi demeurés héritiers dudit Jacques de Ghillenghien. Mambour : Julien Bidault.

(e) Toujours à la même date, il dispose pour après son décès, de deux maisons contigües, rue Bouchain, et de VI livres, présent en XII livres de rente héritières dont il fait don à l’église Saint-Julien pour deux messes par semaine, par dessus autres quatre messes qui se célèbrent chaque semaine – dont pour la fondation d’icelles, ses prédécesseurs, parents et amis ont donné grandement de leurs biens – et il ajoute encore une maison en la rue allant au pont Cornaille, bien lui venant de son acquêt.

Il mourut entre 1550 et 1551, car les comptes de l’église Saint-Julien de cette époque renseignent que Sire Arnoul Séjournet, fut enterré au « coeur derrier le grant autel, avec pal et cappes de velour ».