« Des biensfais Jehan Séjourné »

Jehan Séjournet (1) entra dans les annales de la ville d’Ath pour avoir cédé gracieusement un terrain spacieux dans l’enceinte urbaine, sur lequel fut édifiée érigée, à partir de 1394, l’église paroissiale de Saint-Julien.

« L’importance que les Athois attachèrent à la générosité de Jean I et la reconnaissance qu’on lui en garda, sont attestées par des poèmes, contemporains ou à peu près. L’un, qui exista aux Archives de l’Etat à Mons, a été publié (avec quelques erreurs de transcription, du reste) par Bertrand. L’autre figure dans l’étude consacrée jadis par Devillers à l’église Saint-Julien. Ce poème, qui me paraît dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle »[VER1943], « se trouvait autrefois inscrit dans l’église St Julien » [DEV1865, p. 332-3].

Voici du premier, les strophes, en vers de 8 pieds assez bien cadencés, citant Jean Séjournet [VER1943] :

Ainsi de degré en degré
A esté ce lieu ordonné,
Où il a bel commencement.
Et puis, de bonne volonté,
Des biensfais Jehan Séjourné,
Fu fait le Saint dédiement,
En ung dimanche proprement,
En l’an de Dieu omnipotent
Mille quattre cens en vérité
Et quinse. Là furent présent
Sept jours en jullet justement.
Mainte bonne gent assemblé.

A ceste bénédixion,
Estoient en dévotion,
Ly confrère bon et certain
Et le bon chastelain, de nom
D’Escaussinnes, au cuer humain,
Et en ce jour digne, et haultain,
Fut mis en ce lieu souverain
Jehan Séjournet, ce scet-on
Devant le vestiare à plain
Dieu l’oste de 1’estat mondain
Pour mettre en sa colation !

Ainsi l’église dédyé
Fut, du sentement de clergie,
Par les biens dudit Séjourné,
Et par tel manière bénie, » etc … 

Quant à l’autre poème, on y lit :

Le septiesme de jullet mil quatre cent et quinze
Pour dédier ce lieu la journée en fut prinse
Le jour du saint dimanche, ayant Jean Séjourné
Pour ce digne subject de ses biens ordonné.
Monseigneur Jean de Lens, de saincte vie et pure,
Evesque de Cambray, en print la charge et cure,
Y estant avec luy deux abbés très prudans,
A scavoîr de Crespin et de Cambron, présens 

Avant ce jour morut Monsieur Jean Séjourné
Qui, pour ceste oeuvre, avoit de ses biens ordonné.
Sa charité si franche et son coeur si aimable
Donnent lieu à son nom d’un lot toujours durable.
Dieu retira son âme hors d’un val terrien,
Pour le faire jouyr de perdurable bien,
Son corps estant gardé en la paroisse antique,
Fu apporté ce jour en ce lieu sainctifique,
Estant accompagné de plusieurs gens d’honneur
Et de ceux sur lesquels, vivant, il fu seigneur.
Ce corps fut inhumé près de la thrésorie
Là où Dieu se plaist de veoir journellement
Que plusieurs vont son nom louer ensamblement.

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