Lexique

ANILLE, ANNILLE | Fer qu’on met autour des moyeux de moulin pour les fortifier; sorte de croix ancrée ou figure en forme de deux crochets adossés (LIT1863). Ancienne forme du fer de moulin. C’est une espèce d’anneau en fer qui soutient la meule supérieure d’un moulin à farine. Elle a la forme de deux C adossés, reliés par deux petites barres. C’était l’emblème attribué seulement aux seigneurs haut justiciers. Il n’appartenait qu’à ceux-ci d’avoir droit de moulin banal et d’obliger tous les vassaux à y venir faire moudre, avec défense à tous les meuniers circonvoisins de venir empiéter sur leurs privilèges ; l’usage des anilles ou fers de moulin dans les armoiries indique une noblesse de race ou très ancienne (Le Carpentier, Histoire du Cambrésis, en deux volumes). Le chroniqueur liégeois, Jacques de Hemricourt dit que les fers de moulin étaient jadis les marques les plus propres et les plus assurées pour indiquer la condition illustre de ceux qui possédaient des moulins banaux (OKE1901). Fer incrusté et scellé dans la meule tournante d’un moulin, et solidaire de l’axe ou de la manivelle d’entraînement (WIK2010). Lecture conseillée : Histoires d’anilles, d’Alain Mazeau (MAZ2004)

ARCHIER (de la Sérénissime Infante) | un des soixante Gardes du Corps du Souverain. Ils étaient exclusivement recruté parmi le patriciat des principales villes des Pays-Bas et devaient avoir une taille imposante. Restaient en service un certain nombre d’années, puis étaient pensionnés. Durant leur service, ils bénéficiaient des privilèges de la noblesse, et pensionnés ils se qualifiaient d’écuyer.

ARRIÈRE-FIEF | Fief relevant d’un autre, qui relève lui-même d’un autre fief (WIK2010)

BAILLI | Dans la France du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, agent du roi qui était chargé de fonctions administratifs et judiciaires (d’abord responsables de missions temporaires, les baillis devinrent vers 1260 des officiers sédentaires placés à la tête des bailliages; à partir du XVème siécle leurs pouvoirs diminuèrent (LIT1863). Officier royal d’épée, au nom duquel la justice se rendait dans un certain ressort, et qui avait droit de commander la noblesse de son district lorsqu’elle était convoquée pour l’arrière-ban. C’était aussi un officier royal de robe longue qui rendait la justice au nom d’un seigneur. Les baillis n’usaient que du sceau de leur juridiction. Les bailliages eurent des sceaux dès leur établissement, vers la fin du XIIe siècle et au suivant (CHA & DEL1860).

BAILLIAGE | Circonscription administrative et judiciaire d’un bailli; tribunal du bailli

CARTULAIRE | Recueil d’actes attestant les titres et privilèges d’une communauté religieuse ou laïque

CENS | Redevance due par des tenanciers au seigneur du fief

CENSIVE | Terre assujettie au cens annuel

CHAPELAIN | Prêtre qui dessert une chapelle privée

CHARTE-LOI | Sorte de contrat passé entre la population rurale et sont seigneur, en fait la mise par écrit des droits et obligations de chacune des parties en cause, l’entérinement des coutumes. Ce texte essentiel dans la vie des hommes du Moyen âge réglait une série de situations extrêmement variées et souvent quotidiennes. Des articles traitent des querelles, plaintes, injures, témoignages. La protection de la propriété privée (champs, pâtures, bétail) ou publique était assurée notamment par des corvées pour remettre en état les chemins. La qualité du pain et de la viande était contrôlée. Les élections d’un garde-champêtre, d’un garde forestier, des percepteurs d’impôts (droit de terrage, droit de tonlieu) sont prévues. Les débits de boissons (vin, cervoise et autres breuvages) sont réglementes et taxés. On ne peut pas y jouer aux dés ni y tenir une maison de débauche. Les poids et mesures doivent être contrôlés à Mons où sont conduits en prison ceux qui injurient les échevins dans l’exercice de leur fonction (c’est le seul cas d’emprisonnement prévu par la charte-loi). Il est certain que ce genre de texte nous renseigne de façon plus ou moins précise sur le genre de vie de nos ancêtres, d’autant plus que les documents sont relativement rares à ce sujet (WIK2010).

CHIROGRAPHE | Charte, pièce sur laquelle le même acte est écrit deux fois (LIT1863). En droit médiéval, ce mode de validation des actes employé depuis le XIe siècle apporte à un acte privé entre parties, ratifié par les autorités locales, une sûreté accrue par rapport aux seules garanties testimoniales ou à l’apposition d’un sceau. En effet, chacune des deux parties peut disposer d’un exemplaire de l’acte et le rapprochement des deux exemplaires, garantit sans discussion possible leur authenticité (WIK2010).

CORNETTE | à partir du XVIe siècle, étendard carré de la cavalerie légère, portée par le troisième officier de la compagnie, qui en portait le nom.

DÉNOMBREMENT | Recensement

ÉCU | Corps de tout blason, ordinairement en forme de bouclier

ESCUIER | Au Moyen Âge, un écuyer était un militaire, et l’on n’omettait jamais dans les actes de l’indiquer. Ce n’est que plus tard que ce mot devint un titre de noblesse [FOR1976, p. 16]

FIEF | Terre, droit ou revenu qu’un vassal tenait de son seigneur et en échange desquels il devait accomplir le service dû à celui-ci

FRANC-ALLEU | Bien héréditaire exempt de tout droit seigneurial [LIT1863]

HOMME D’ARME | Armé de pied en cape par les féodaux de la châtellenie, était monté et armé d’une lance, au même titre que les nobles dans les rangs desquels il servait. Il était accompagné d’un coutilier et d’un page, aussi montés. Le coutilier était spécialement chargé de l’armement de l’homme d’arme qu’il servait, tandis que le page ou valet était chargé de l’entretien des chevaux. Pendant qu’ils étaient sous les armes, les hommes d’arme bénéficiaient des privilèges de la noblesse; notamment l’exemption de la taille. – Beauvais fut assiégée en 1472, par les troupes du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui était en guerre avec le Roi de France Louis XI [FOR1976, p. 81 et 82]

ICONOGRAPHIE | Ensemble de l’illustration d’une publication

LIGNÉE | Descendance ; série de parents par descendance unilinéaire, partie d’un lignage

LIVRE DE RAISON | Livre d’extrait, ou grand livre, ou, quelquefois, livre de raison, livre où l’on enregistre et classe les articles du livre journal (LIT1863). Il pouvait aussi comporter des notations à caractère familial ou local. Tenu par le père de famille, il constituait un aide-mémoire pour l’auteur, mais il était principalement destiné à renseigner ses héritiers. Fréquemment, un même livre de raison se transmettait de génération en génération, chaque chef de famille le tenant à son tour (GUI1892 & WIK2010). Citation : « Tu as ouï dire qu’Auguste avait un livre de raison qui contenait le détail des forces de l’empire et de ses finances » (cf Voltaire, Examen important de Milord Bolingbroke, Chap. XI, 1736). Lecture conseillée : Les livres de raison en France (fin XIIIe-XIX siècles) de Nicole Lemaître (LEM2006)

MAMBOUR | Administrateur (FOR1976)

MASSARD | Trésorier (CRH1837)

PRIMOGÉNITURE MASCULINE | Antériorité de naissance entre frères entraînant certains droits au profit de l’aîné

SCEAU | Cachet qui authentifie un acte ; empreinte de ce cachet; morceau de cire, de plomb portant cette empreinte

SEIGNEUR | Propriétaire féodal

SIGILLOGRAPHIE | Science auxiliaire de l’histoire qui a pour objet l’étude des sceaux

SUZERAIN | Au Moyen Âge, seigneur qui a concédé un fief à un vassal

VASSAL | Personne liée à un suzerain par l’obligation de foi et hommage

Sources et bibliographie

[CHA & DEL1860] – CHASSANT Alphonse et DELBARRE Pierre-Jean, Dictionnaire de sigillographie pratique, Paris, 1860

[CRH1837] – Commission Royale d’Histoire, tome II (4 novembre 1837 – 3 novembre 1838), p. 283 § 123

[FOR1976] – FORGEUR, baron E., Généalogie de la famille de Séjournet de Rameignies, 1976

[GUI1892] – GUIBERT Louis, De l’importance des livres de raison au point de vue archéologique, Caen, Henri Delesques, Imprimeur-libraire, 1892

[LAR2010] – Dictionnaire LAROUSSE (par défaut)

[LEM2006] – LEMAITRE Nicole, Les livres de raison en France (fin XIIIe-XIX siècles), Testo e senso (Studi sui linguaggi e sul paragone delle arti), n° 7, 2006

[LIT1863] – LITTRÉ Emile, Dictionnaire de la langue française, éd. de 1863 et de 1872 à 1877

[MAZ2004] – MAZEAU Alain, Histoires d’anilles, Le monde des moulins, avril 2004

[OKE1901] – O’KELLY de GALWAY (comte Alphonse), Dictionnaire archéologique et explicatif de la science du blason, Bergerac, 1901

[WIK2010] – Wikipedia